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Nagashi-bina : la mise à l’eau des poupées

Coutumes et vie courante, Fêtes et festivals Ajouter un commentaire
Festivals de mars

Festivals en mars

En attendant la seconde partie sur le kyudo qui me prend un peu de temps de rédaction, je vous livre un petit festival de source taoïste et originaire de Chine qui était célébré à la Cour Impériale d’Heian chaque 3 mars : la mise à l’eau des poupées.

Il faut savoir que les poupées sont réputées pour avoir la capacité magique d’appeler à elle les influences néfastes. Naturellement donc, les aristocrates de la Cour plaçaient à côté de leur lit en début d’année une poupée vêtue de splendides vêtements qu’ils appelaient « enfant céleste », chaque jour ils la touchaient pour qu’elle retienne les mauvaises « ondes », leurs maux, leurs maladies en devenir.

Après une année, il fallait se débarrasser de cette poupée chargée de toutes ces choses négatives. Un cérémonial fut donc inauguré afin de procéder à cet abandon. Vêtus de leurs habits de cérémonie, les nobles se rendaient, le plus souvent en couple, dans un sanctuaire situé en bordure d’une source d’eau, rivière ou ruisselet et après s’être purifié les mains dans la source d’eau, ils mettaient à l’eau un petit radeau dans lequel avait pris place la poupée. Sous l’oeil attentif des prêtres shinto, le radeau était poussé et abandonné au courant afin que disparaissent les mauvaises influences.
Ce cérémonial se propagera dans toutes les couches de la population où chacun selon ses revenus, fabriquera sa poupée en bois ou en paille, l’habillant des plus beaux vêtement que lui permet sa condition. L’abandon prendra des formes diverses, plus seulement dans un cours d’eau mais à la mer également, aux carrefours d’axes de circulation pour que les voyageurs passant par là emportent les maux au loin du village, de la province, près des sanctuaires shinto car les divinités shintoïses sont réputées pour n’aimer que la pureté, elle se chargeraient donc sans doute de purifier les poupées.

De nos jours, ce rituel est encore célébré à Kyoto au sanctuaire Shimogamo-jinja dédié à la divinité Tamayori Hime aux confluents de rivières Kamo et Takano. Un petit ruisselet coule dans son enceinte et attend chaque année le couple du quartier habillés en vêtements traditionnels du Xème siècle qui va perpétuer cet usage.

M.

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